Objectifs


  1. CONTEXTE ET JUSTIFICATION

 

Le Cameroun se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins face à l’impérieuse et à la pressante nécessité d’assumer le choix vital de paradigmes économiques opéré ; choix ayant pour enjeux majeurs l’amélioration de la compétitivité de l’économie nationale et conséquemment l’accélération d’une croissance forte, soutenue et inclusive. Les défis à relever découlant de ces enjeux sont considérables et de multiples ordres au vu des ajustements à faire, de même que les chantiers et projets à mener sont nombreux et multiformes. Les priorités concernent aussi bien les réformes macro-économiques et structurelles que les infrastructures physiques, la formation technique et professionnelle, la compétitivité des entreprises et de l’administration publique.

Or, pour relever les défis sus évoqués et faire face simultanément à la ténacité préoccupante du phénomène du chômage et de la pauvreté, il importe de disposer de ressources conséquentes.

Dix ans après le franchissement du point d’achèvement de l’Initiative en faveur des Pays Pauvres et Très Endettés (IPPTE) qui a permis au pays de réduire substantiellement le stock de sa dette extérieure et de dégager des marges budgétaires pouvant servir à couvrir une partie des besoins de développement économique et social à court terme, celui-ci reste confronté à un défi majeur, et non des moindres, celui relatif à l’insuffisante insertion de son économie à la globalisation.

En effet, s’agissant de l’économie d’un pays dont l’ambition affirmée et affichée des Autorités est d’être émergent à l’horizon 2035, celle-ci reste essentiellement tirée par la consommation intérieure et un secteur tertiaire appauvrissant, structuré autour d’activités commerciales d’envergure insignifiante et de l’informel à l’export/import, sans une réelle capacité de création productive et un impact avéré sur la production, contrairement à ce qu’il en est généralement des pays dits émergents où l’essor  du secteur tertiaire illustre le rôle déterminant joué par la technologie, les services à l’industrie et les industries du savoir.

Dans le même ordre de préoccupations que précédemment et à propos précisément de l’impact des différents leviers économiques sur la croissance, l’on note que l’investissement, vecteur essentiel de croissance, tarde à décoller au Cameroun et ne représente pas un poids à la hauteur du potentiel d’attractivité de son économie. A cet égard,  il convient de relever que le Cameroun continue de nos jours de souffrir d’une dynamique de régression des flux d’investissement illustrée par un taux d’investissement qui plafonne depuis 2001 autour de 18 à 20%, dont 2 à 4% pour l’investissement public et 16 à 18% pour l’investissement privé. Le taux d’investissement reste largement en-dessous du seuil des 25% nécessaires pour impulser une croissance forte, soutenue, inclusive et redistributive, et ce malgré toutes les mesures entreprises par le gouvernement pour promouvoir l’investissement. Cette situation s’explique en partie, selon les opérateurs économiques, par la persistance de multiples obstacles liés à l’environnement des investissements.

De ces mesures, l’on peut citer parmi les plus marquantes entre autres la création de structures dédiées à l’amélioration de l’attractivité de la destination Cameroun (le Conseil de Régulation de la Compétitivité, l’Agence de Promotion des Investissements, le Cameroun Business Forum, les Centres de Formalités de Création d’Entreprises, le Guichet Unique du Commerce Extérieur, etc.), la réforme du secteur bancaire, ainsi que la publication de la loi portant la charte des investissements, de la loi portant sur les incitations à l’investissement privé et de la loi régissant les zones économiques.

Dans un environnement globalisé où l’investissement est de plus en plus placé au cœur des politiques et stratégies de développement économique des Etats, le Cameroun ne devrait pas rester à la traîne. L’exigence de compétitivité et d’efficacité revêt un caractère hautement déterminant dans un contexte de globalisation croissante des marchés.

La Conférence économique internationale qu’organise le Cameroun les 17 et 18 mai 2016 sur le thème  « Investir au Cameroun, terre d’attractivités »  s’inscrit dans ce contexte qui requiert non seulement de la part des entreprises camerounaises une plus grande compétitivité aussi bien au plan national qu’international afin de faire face à la concurrence, y compris celle consécutive à l’entrée en vigueur des APE à partir du 04 août 2016, mais également de la part de l’Etat une plus grande efficience dans la mobilisation et l’emploi des ressources publiques. Aussi convient-il de mettre en place les conditions idoines permettant de tirer le meilleur parti de ce levier qu’est l’investissement, et singulièrement l’investissement productif.

C’est pour à la fois trouver des solutions pragmatiques en vue d’améliorer les conditions d’investissement au Cameroun et présenter son immense potentiel économique à travers ses projets les plus emblématiques que le gouvernement camerounais a décidé d’organiser ces assises destinées à approfondir les opportunités considérables d’investissements du pays.

Cet évènement tire l’essentiel de sa substance de la « Vision 2035 » présentée comme la feuille de route à suivre pour que le Cameroun génère une croissance économique durable, soutenue, redistributive et atteigne l’émergence à cet horizon.

Fort d’un taux de croissance annuel de plus de 5%, de réformes entreprises pour améliorer le climat des affaires et d’une diversification économique en marche, le Cameroun a lancé ces quatre dernières années différents projets structurants dans les secteurs clés que sont l’agro-industrie, les infrastructures de transports, l’énergie, l’immobilier et l’aménagement urbain, les industries extractives et les nouvelles technologies. Cette diversité des secteurs témoigne de la multiplicité et de l’ampleur des opportunités de partenariats public-privé envisageables, facilitées et soutenues par un gouvernement déterminé à accompagner le développement économique dans tous les domaines.

Certains de ces chantiers, comme le Port en eau profonde de Kribi ou encore plusieurs centrales hydro-électriques, arrivent à leur terme et vont ouvrir au Cameroun de nouvelles perspectives de développement.

En rapport avec le contexte ci-dessus décrit, la présente note conceptuelle a principalement pour objet d’établir et de calibrer les contours de la Conférence envisagée et de présenter les articulations de celle-ci, afin de lui donner davantage de visibilité. Elle est entièrement dédiée à la promotion des investissements au Cameroun.

 

  1. OBJECTIFS

 

2.1. Objectif général

A l’initiative du Président de la République et sous le haut patronage de celui-ci, cette Conférence s’inscrit dans une démarche globale de promotion des investissements, tant publics que privés, et d’amélioration de l’environnement de ceux-ci au Cameroun. Elle a pour vocation d’offrir davantage de visibilité, de répertorier les projets d’investissements pertinents et d’en faciliter la concrétisation à travers des partenariats multiformes (financier, technique et commercial).

2.2. Objectifs spécifiques

Les objectifs spécifiques, qui découlent naturellement de l’objectif général, visent essentiellement à :

  • susciter les échanges pour approfondir les opportunités d’investissements du pays et recueillir auprès des acteurs, et particulièrement les acteurs opérationnels, des propositions pertinentes visant à améliorer les conditions d’investissement au Cameroun ;
  • faire le point des évolutions de divers ordres enregistrées et de celles à prendre en compte pour enrichir le cadre d’action actuel des investissements au Cameroun ;
  • partager les expériences et recommandations, et donner les points de vue sur les attractivités du Cameroun ;
  • débattre du rôle du secteur privé dans le développement économique du pays ;
  • présenter des projets prioritaires portant sur les secteurs clés ciblés et discuter de ceux-ci ; l’objectif, in fine, étant de mobiliser les financements extérieurs nécessaires à leur réalisation.

 

  1. RESULTATS ATTENDUS

 

A l’issue de cette Conférence, les résultats attendus, en rapport avec les objectifs spécifiques, consistent  en :

  • le recueil des contributions et propositions pertinentes des acteurs, et particulièrement les acteurs opérationnels, sur l’amélioration des conditions d’investissement au Cameroun ;
  • l’établissement d’échanges constructifs sur les évolutions de divers ordres enregistrées et ainsi que celles à prendre en compte pour enrichir le cadre d’action actuel des investissements au Cameroun ;
  • la présentation de l’immense potentiel économique du pays à travers des projets prioritaires portant sur les secteurs clés ciblés ;
  • la constitution, pour les besoins de suivi voire d’encadrement, d’une liste de projets faisant l’objet d’intentions de partenariats ;
  • le partage des expériences et recommandations en matière d’accompagnement des investisseurs;
  • le recueil des points de vue sur les attractivités du Cameroun, notamment financières ;
  • le débat sur le rôle du secteur privé dans le développement économique du pays ;
  • l’adhésion des investisseurs, sous des formes diverses, aux projets proposés lors des ateliers.

 

  1. ETENDUE DE LA PROBLEMATIQUE

 

En rappelant que le Chef de l’Etat avait planté le décor le 06 octobre 2011 à Douala, lors d’un discours devant les milieux économiques et d’affaires, en déclarant : « Ainsi que j’ai déjà eu l’occasion de le dire, l’accélération de la croissance de notre économie sera la grande affaire du prochain septennat.

Vous connaissez les difficultés qui nous ont éprouvés au cours des dernières années, difficultés qui ont ralenti notre croissance et imposé d’importants efforts de redressement.

Il s’agit, entre autres, du tassement de l’aide au développement, de la baisse des coûts des matières premières, des effets pervers de la mondialisation et de la crise économique et financière qui a considérablement retardé les investissements en provenance de l’extérieur.

… Nous allons tout d’abord poursuivre l’effort d’amélioration de l’environnement des affaires, afin de renforcer la compétitivité des entreprises, notamment en ce qui concerne :

  • la simplification des procédures de création d’entreprises, en réduisant les délais à moins de trois jours et en abaissant considérablement les coûts associés ;
  • la simplification du régime des licences pour éliminer les trop nombreuses autorisations administratives préalables à l’exercice d’une activité économique ;
  • le renforcement du système judiciaire pour permettre l’arbitrage rapide des différends commerciaux, mais également pour accroître la sécurité juridique des transactions ;
  • la réduction des coûts et des délais de passage au port de Douala ;
  • la simplification du système fiscal et douanier pour faciliter encore plus les opérations à l’import et à l’export ;
  • le développement des infrastructures de transport, d’énergie et de télécommunications ;
  • la poursuite de la lutte contre la corruption ».

Il a persisté dans son message du 31 décembre 2015, en relevant la nécessité de  « l’amélioration continue du climat des affaires pour attirer toujours plus d’investisseurs ».

Cette exigence, pour le Chef de l’Etat, fait partie des conditions préalables à créer en 2016 pour une véritable industrialisation du Cameroun, étant entendu que l’émergence ne se conçoit pas sans une industrie viable.

Ainsi donc, pour inverser la tendance de la dégringolade du Cameroun dans les derniers classements des agences d’évaluation et de notation internationale du climat des affaires et de l’environnement des investissements, le gouvernement s’attèle, avec l’appui du CBF et de l’API, à identifier les principaux leviers susceptibles d’être activés dans le contexte spécifique de l’économie camerounaise à l’effet  d’accélérer le rythme actuel de l’investissement, bien insuffisant pour contribuer efficacement à l’amélioration du bien-être des populations camerounaises et infléchir durablement la courbe de pauvreté dans le pays.

Outre les prescriptions du Président de la République, le cadre d’action envisagé pour améliorer l’attractivité du Cameroun pourrait intégrer des éléments découlant des questionnements inhérents à certains domaines d’action que le « Consensus de Monterrey » a identifiés comme ayant une incidence critique sur la qualité des conditions de l’investissement dans les pays, y compris pour les petites entreprises et les investissements étrangers. Ces domaines sont relatifs à:

  • la politique d’investissement ;
  • la promotion et à la facilitation de l’investissement ;
  • la politique commerciale et aux échanges commerciaux ;
  • la politique de la concurrence.

A toutes fins utiles, les domaines du « Consensus de Monterrey » non retenus dans le cadre de la présente note conceptuelle portent sur :

  • la fiscalité ;
  • le gouvernement d’entreprise ;
  • le comportement responsable des entreprises ;
  • la mise en valeur des ressources humaines ;
  • le développement des infrastructures et du secteur financier ;
  • la gouvernance publique.

Les participants à la Conférence pourraient approfondir la réflexion et les échanges sur les domaines d’action ci-dessus énoncés afin de dégager précisément les paramètres pouvant être exploités ou mis à contribution pour apporter une plus-value factorielle à la situation actuelle de l’investissement au Cameroun.

 

  1. APPROCHE METHODOLOGIQUE PRECONISEE

 

Cet évènement d’envergure prévoit durant les deux jours :

  • L’organisation de panels (tables rondes) animés par des experts de renom et des acteurs politiques, économiques et financiers de premier rang, nationaux et internationaux, autour des thématiques répondant aux préoccupations des opérateurs ;
  • « Situation macro-économique du Cameroun : perspectives et croissance » ;
  • « Regards croisés sur le rôle du secteur privé dans la croissance en Afrique » ;
  • « Cameroun : Secteur privé, dynamique de croissance » ;
  • « L’attractivité financière du Cameroun » ;
  • « Economie numérique et croissance ».
  • La présentation des projets prioritaires dans les secteurs clés ciblés en ateliers restreints, suivie de B2B et/ou de rencontres d’affaires soit entre décideurs et investisseurs économiques, soit entre acteurs opérationnels / promoteurs de projets et investisseurs économiques.

En prélude à cette présentation, l’API et le CARPA feront une communication sur la « Problématique de l’accompagnement de l’Investisseur» .

 

  1. PARTICIPATION

 

Plusieurs dizaines d’industriels, d’entrepreneurs, d’institutionnels et de financiers venus de l’Afrique et du monde entier, marquant un intérêt pour le développement économique du Cameroun, ont été invités à prendre part à la Conférence « Investir au Cameroun, terre d’attractivités » prévue au Cameroun. Ils auront l’opportunité d’échanger et de discuter sur place avec une diversité d’acteurs locaux comprenant principalement :

  • les membres du gouvernement concernés par les secteurs économique, financier, agricole, industriel et minier ;
  • des représentants de haut niveau des administrations publiques ;
  • des hauts responsables dorganisations professionnelles et patronales du secteur privé représentatives;
  • des hauts responsables des chambres consulaires ;
  • des hommes d’affaires, entrepreneurs et industriels ;
  • des promoteurs de projets ;
  • le Directeur Général de l’API ;
  • des économistes de premier rang ;
  • des partenaires au développement.